Hériter d’un château, c’est le fantasme absolu. Sauf quand il est habité par sept fantômes issus de différentes époques qui refusent catégoriquement de partir. Ghosts : Fantômes en héritage, la série événement coproduite par Disney+ et TF1, plonge dans l’univers décalé d’Alison, seule capable de voir et d’entendre ces défunts coincés entre deux mondes. Avec un casting cinq étoiles et une ambiance à la fois drôle et touchante, cette adaptation française de la série britannique culte divise le public depuis sa sortie en avril 2025.
Un château hanté comme cadeau empoisonné
Alison Cardinet, jeune trentenaire incarnée par Camille Chamoux, hérite d’un château perdu en pleine campagne française. Avec son compagnon Nabil, joué par Hafid F. Benamar, elle débarque dans cette immense bâtisse avec un projet fou : la transformer en hôtel de charme. Problème, le lieu est habité par sept fantômes de différentes époques, qui voient très mal l’arrivée de ces vivants perturbateurs. Marie-Catherine de Mérudeaux, la comtesse coincée du dix-huitième siècle. Roland Givorant, le noble décadent. Berthe, la religieuse bigote. Georges Peyrache, le résistant de la Seconde Guerre mondiale. Daniel Quignon dit Dani, le disco-man des années 70. Auguste Montfleury, le poète romantique du XIXe siècle. Et Albos, le chef gaulois qui refuse de parler français.
Tout bascule quand Alison, victime d’un accident de lustre particulièrement violent, se réveille du coma avec un don : elle peut les voir, les entendre, leur parler. La cohabitation commence, entre rires, malaises et moments de pure absurdité.
Une adaptation française qui colle au modèle britannique
Ghosts : Fantômes en héritage est l’adaptation de la série britannique de la BBC lancée en 2019, un carton qui a tourné jusqu’en 2023. Les Américains ont ensuite fait leur propre version, qui cartonne sur Netflix depuis début 2025. La version française est écrite et réalisée par Arthur Sanigou, connu pour Un stupéfiant Noël, et Joris Goulenok, qui a signé Amours solitaires. Leur mission : adapter ce format qui fonctionne, tout en l’ancrant dans l’esprit français, avec des références hexagonales et un humour qui oscille entre le comique de situation et ce malaise calculé qui fait rire jaune.
Pour la production, c’est du lourd : BBC Studios France, Disney+ et TF1 se sont associés pour la première fois. Disney+ en primo-diffuseur, TF1 en seconde fenêtre, c’est un partenariat inédit qui montre l’ambition derrière ce projet. Le tournage s’est déroulé dans un vrai château, celui de Mérudeaux dans la série, un lieu qui devient un personnage à part entière.
Un casting impeccable qui porte l’ensemble
Le casting est clairement la colonne vertébrale de Ghosts. Camille Chamoux donne à Alison une énergie incroyable, un mélange de fragilité et de détermination. C’est elle qui porte toute l’absurdité de la situation : parler à des morts devant son compagnon qui ne voit rien, négocier avec une comtesse hautaine, calmer un guerrier gaulois survitaminé. Hafid F. Benamar incarne Nabil, le compagnon pragmatique, celui qui doit gérer les travaux, les emprunts, et surtout comprendre pourquoi sa copine parle toute seule dans le vide.
Côté fantômes, on a une galerie de personnages complètement barrés. Natacha Lindinger campe Marie-Catherine de Mérudeaux, la comtesse qui regarde de haut tout le monde. Fred Testot joue Roland Givorant, le noble décadent qui traîne ses vices d’une autre époque. Tiphaine Daviot incarne Berthe, la religieuse bigote qui surveille et juge en permanence. François Vincentelli est Georges Peyrache, le résistant qui garde ses secrets de combattant. Bruno Sanches joue Daniel Quignon dit Dani, le disco-man qui apporte l’énergie festive. Paul Scarfoglio incarne Auguste Montfleury, le poète romantique qui récite ses vers tragiques. Et Camille Combal, en Albos le chef gaulois, refuse de parler français et ne jure que par sa tribu disparue.

Ce qui marche et ce qui divise
Pourquoi ça fonctionne ? Parce que Ghosts ne se prend jamais au sérieux tout en restant sincère. La série joue sur l’absurde, sur le décalage entre les époques, entre les vivants et les morts. Les dialogues sont adaptés à l’esprit français, ils sonnent juste. L’humour gênant, cette gêne calculée où tu te mets à la place d’Alison coincée entre son mec et ses fantômes invisibles, ça fonctionne. Les gags de situation sont bien dosés : la comtesse qui refuse de descendre de son piédestal, le guerrier gaulois qui débarque en pleine négociation immobilière, le disco-man qui lance une chorégraphie en plein drame. Et puis il y a cette bienveillance qui traverse toute la série : les fantômes deviennent peu à peu une famille de substitution pour Alison.
Maintenant, les limites. Certains spectateurs ont trouvé la série trop lisse, trop fidèle à son modèle britannique. L’adaptation ne s’émancipe pas assez, elle colle au format original sans oser prendre des libertés. Du coup, pour ceux qui connaissent déjà la version anglaise ou américaine, la surprise n’est pas au rendez-vous. Autre reproche : le surjeu. Des dialogues jugés trop appuyés, des situations tellement ridicules que ça en devient gênant pour certains. L’humour qui ne prend pas, c’est le risque de toute comédie, et ici, ça divise clairement le public. Certains parlent carrément de déception, de série à fuir, d’un humour trop forcé qui ne passe pas.
Une diffusion qui interroge
Ghosts : Fantômes en héritage sort d’abord sur Disney+ le 9 avril 2025. La plateforme mise gros dessus, c’est la première fois qu’elle s’associe à TF1 pour une coproduction. Six épisodes disponibles en intégralité, c’est le format parfait pour le visionnage en rafale. Puis, le 10 novembre, TF1 diffuse tout en une seule soirée, de 21h10 jusqu’à près d’une heure du matin. Un pari risqué, parce que ça coupe la série de son potentiel d’audience en prime time traditionnel. Mais TF1 compte sur TF1+ pour rattraper les téléspectateurs qui ne veulent pas veiller tard.
Côté critiques, c’est vraiment contrasté. Sur Allociné, les avis oscillent entre éloges et déceptions. Les fans saluent l’énergie, la bienveillance, le jeu impeccable. D’autres dénoncent un humour trop lisse, un manque d’originalité, des dialogues surjoués. Les connaisseurs des versions anglaise et américaine regrettent une adaptation trop fidèle, qui n’ose pas se démarquer.
Verdict : une série à découvrir malgré les défauts
Ghosts : Fantômes en héritage divise, c’est un fait. Mais elle mérite clairement d’être regardée. Le casting est impeccable, Camille Chamoux porte l’ensemble avec brio, les fantômes sont attachants, l’humour fonctionne pour peu qu’on accepte son ton léger et bienveillant. Oui, l’adaptation colle peut-être trop au modèle britannique. Oui, certains trouveront ça trop lisse. Mais honnêtement, dans un paysage audiovisuel français souvent sérieux et dramatique, voir une comédie fantastique aussi généreuse, c’est rafraîchissant. La question centrale, celle de la cohabitation entre les vivants et les morts, entre le passé et le présent, elle résonne bien au-delà de la simple blague. C’est une série sur la famille, celle qu’on choisit, même quand elle est morte depuis des siècles.
Les six épisodes sont disponibles sur Disney+ et en replay sur TF1+. Vous avez déjà plongé dans Ghosts ? Venez débattre avec nous sur notre compte X Kommunauty, on lit tout et les meilleures punchlines seront partagées.
